Cela fait déjà deux ans que l'écrivaine Maryse Condé s'est éteinte.
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Maryse Condé s'est imposée comme l'une des plus grandes chroniqueuses des luttes et des triomphes des descendants d'Africains réduits en esclavage dans les Caraïbes.
Elle a commencé à écrire très jeune.
Vers l'âge de 12 ans, elle a rédigé une pièce en un acte pour l'offrir à sa mère à l'occasion de son anniversaire. Toutefois, sa prise de conscience politique s'est faite plus progressivement.
À l'adolescence, elle a lu La Rue Cases-Nègres (1950), un roman semi-autobiographique de Joseph Zobel racontant l'histoire d'un jeune garçon noir pauvre en Martinique.
Cet ouvrage lui a fait découvrir le genre d'épreuves que subissait la majorité des Noirs antillais sous le régime colonial.
Durant son enfance, elle n'avait jamais entendu parler ni de l'esclavage ni de l'Afrique.
À 16 ans, ses parents l'ont envoyée à Paris pour y poursuivre ses études. Ils lui avaient dépeint la ville comme le foyer de la raison et de la justice ; elle y a pourtant été confrontée au racisme et au sexisme.
Elle a ensuite étudié à la Sorbonne et fréquenté les cercles intellectuels noirs parisiens.
Au cours des treize années suivantes, elle a vécu de longues périodes en Guinée, au Ghana et au Sénégal. La région, alors en pleine effervescence liée aux indépendances et à la décolonisation, attirait des penseurs et des militants venus de toute la diaspora noire.
En côtoyant cette diaspora noire, Maryse Condé s'est imprégnée de la culture marxisme et « Black Power ».
Elle à abordé le racisme, le sexisme et la multiplicité des identités noires à travers une trentaine d' ouvrages et a été l'une des premières à dénoncer la corruption au sein des États africains nouvellement indépendants.
Son premier livre, Hérémakhonon — dont le titre signifie « En attendant le bonheur » en malinké, langue d'Afrique de l'Ouest —, a suscité un scandale en 1976, conduisant trois pays d'Afrique de l'Ouest à ordonner la destruction des exemplaires.
Sa maîtrise littéraire lui a valu d'être saluée comme la « grande dame » de la littérature francophone.
Elle a également enseigné aux universités de Virginie, du Maryland et de Californie à Los Angeles.
Elle s'est ensuite installée dans le sud de la France.



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